Le cybersquatting à de beaux jours devant lui
Le cybersquatting c’est l’enregistrement d’un noms de domaine de façon abusive, le plus souvent à l’encontre d’une marque ou d’une personne publique. Quelques cas récents montrent que le cybersquatteur, bien qu’étant en faute, n’est pas le seul à blâmer la plupart du temps.
Les oublis au renouvellement
Quelle plus belle motivation pour un cybersquatteur que de déposer un nom de domaine déjà connu et utilisé ? Un des cas fréquents de cybersquatting est l’oubli de renouvellement du nom de domaine, celui-ci tombe dans le domaine publique et se fait racheter par un cybersquatteur. Ce genre de noms de domaines sont connus et représentent souvent un trafic “naturel” immédiat. Sans parler d’une médiatisation qui peut accompagner l’oubli et qui engendre encore un trafic gratuitement.
Un exemple récent, le nom de domaine jacklang.net utilisé par Jack Lang pour son blog n’a pas été renouvelé. Il se retrouve donc squatté par un site porno. Espérons que le nouveau nom de domaine (jacklang.org) déposé pour le blog sera surveillé de plus prés aux alentours de la date d’expiration.
Un autre type d’oublis : les dépots
Comment est-ce possible d’oublier de déposer un nom de domaine ? C’est la question que toute personne qui connaît un peu le web se pose lorsque des cas flagrants d’oublis de dépôts de noms de domaine sont révélés. Pour le cybersquatteur la motivation est toujours la même : bénéficier de l’exposition médiatique de l’événement (lancement de produit, de nouveau site, nouvelle marque, …) ainsi que de la notoriété du cyberquatting lui même.
Quand le journal le 10 sport annonce sa sortie, il est déjà trop tard : le nom de domaine le10sport.fr est déposé à des fins de revendication contre l’hégémonie de certains sports, son message est vu des milliers de fois chaque jours depuis la sortie du site du journal : http://www.le10sport.com. Un changement récent est à note : une redirection de www.le10sport.fr vers www.le10sport.com à été mis en place, un accord semble avoir été trouvé.
Un autre cas révélateur, le secrétaire d’État à l’Outre-Mer Yves Jégo annonce la mise en place d’une plateforme de réservation de billets d’avion spécialisée pour l’outre mer. Ce site sera www.voyageoutremer.com. Le problème est que le nom de domaine n’a pas été réservé. Actuellement ce site héberge maintenant une pétition : “Demande au gouvernement en vue de fixer la date du 9 octobre pour date officielle de commémoration annuelle de l’abolition de l’esclavage dans la collectivité territoriale de Saint-Barthélemy”.
Le cybersquatting, un marché rentable…
Mais pas uniquement pour les cybersquatteurs. Google gagnerais entre 30 et 50 millions de dollars par ans avec son service de parking de noms de domaine. Posséder un nom de domaine qui crée du trafic c’est bien mais monétiser ce trafic c’est mieux. En proposant de faciliter la mise en place de liens sponsorisés, les services de parking de noms de domaine soutiennent une bonne partie des cybersquatteurs.
Bien que n’étant pas détenteur des noms de domaines squattés, la société SEDO à été condamnée récemment face à la société des Hôtels Méridien pour typosquatting.
Est-ce possible de déposer des noms de domaines contenant des marques ?
Tout dépend de l’extension et de la manière dont elle est gérée. Les cas de porsche.me ou airbus.cn montrent qu’il est encore possible de déposer des marques notoires dans certaines extensions. Le cas des marques génériques comme France2, Orange ou Pages Jaunes est différent puisque le cybersquatteur ne dépose pas forcément un nom de domaine contenant une marque mais un nom de domaine générique, l’action à mener est très différente.
Au delà de l’aspect propriété intellectuelle que représente le cybersquatting, un aspect dont l’impact est plus difficile à mesurer est l’atteinte portée à l’image de marque. S’il est bien évident que Jack Lang n’est pas devenu acteur porno, sa crédibilité vis à vis d’internet s’écaille un peu.
Tags: Cybersquatting, france2.com, france3.com, typosquatting

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