Le .tel, un TLD pas comme les autres

Logo Telnic.eu, .mobi, .name, .asia, .kid, .nyc, .berlin, .bzh, .quebec, .xxx, .geo, .mail, … l’imagination de l’industrie des noms de domaine semble sans fin quand il s’agit de proposer des nouvelles extensions. La dernière extension à faire parler d’elle, le .tel, est cependant radicalement différente de ses consoeurs. Quelques explications…

Le .tel, à quoi ça sert ?

Jusqu’à présent, les noms de domaine servaient essentiellement à désigner des machines (hôtes) connectées à Internet afin d’y accéder à des contenus (ressources) comme des sites web, fichiers FTP, boîtes mail, etc. Dans ce contexte, l’extension servait à caractériser le type de contenu accessible: .com pour les sites commerciaux, .org pour les organisations, .mobi pour les contenus adaptés aux terminaux mobiles, .fr pour les sites français, .biz pour les entreprises, etc.

Le .tel, quant à lui, n’est pas destiné à désigner un site web, un serveur FTP ou encore une boîte mail, mais bien à désigner l’ensemble des coordonnées de contact d’une personne ou d’une société: numéros de téléphone, de fax, identifiants de messagerie instantanée et VOIP, adresse postale, coordonnées géographiques,… Une « carte de visite virtuelle » en quelque sorte.

Le .tel, comment ça marche ?

Dans le cas des autres extensions, le rôle des serveurs de noms (DNS) se limitait le plus souvent à associer un nom de domaine à un hôte en fonction du service demandé (records A, MX, NS,…).

De nombreuses autres informations pouvaient cependant être intégrées à une zone DNS, comme du texte simple (TXT), des indications géographiques (LOC), etc

Le .tel a cette spécificité d’exploiter ces possibilités du DNS afin d’utiliser les zones comme contenant de ressource plutôt que comme pointeur de ressource : les noms, adresses et autres numéros de téléphone sont directement stockés dans la zone plutôt que sur une machine désignée dans la zone. Pour ce faire, le .tel a recours à des records NAPTR, comme dans l’exemple ci-dessous:

.tel

ce qui correspond à:
Telnic

L’avantage ? Cette solution permet de se passer d’un site web et donc d’un navigateur. Elle permet en outre une mise à jour instantanée et une consultation très rapide.

Le .tel comporte-il des risques ?

Toute médaille a son revers, et le .tel n’échappe pas à cette règle:

Non utilisation par les acteurs marché: on se souvient du WAP présenté comme le protocole du futur pour l’accès internet sur terminaux mobiles et déjà tombé en désuétude. Inventé il y a une dizaine d’années, le .tel n’a peut-être plus le même intérêt qu’alors. A l’heure des réseaux sociaux et du web 2.0, il  pourrait ne jamais connaître d’utilisation généralisée.

Le rêve des spammers: la publication de coordonnées de contact, de surcroît couplées à des indications géographiques, et de façon standardisée est sans nul doute un filon inespéré que les spammers ne manqueront pas d’exploiter. Les promoteurs du .tel rétorquent qu’il est possible de choisir quelles informations l’utilisateur souhaite rendre publiques et quelles autres il souhaite protéger à l’aide d’un mot de passe, ce qui est en contradiction avec le but-même du service.

Le .tel, c’est pour qui et c’est quand?

Le .tel est ouvert à tout le monde: sociétés, particuliers, associations,… mais une période spéciale, le « sunrise » permet aux titulaires de marques d’enregistrer un .tel en priorité.

- Jusqu’au 3 février (GMT) : « Sunrise » : enregistrement possible uniquement pour les titulaires de marques

- Du 3 février au 23 mars : « Landrush » : enregistrement possible pour tous mais à un prix élevé

- A partir du 23 mars : « General availability » enregistrement possible pour tous au prix ordinaire (variant d’un registrar à l’autre mais comparable au prix d’un nom de domaine ordinaire)

Sources images : telnic

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