Le cybergriping : une atteinte à la réputation et à l’image de marque

CybergripingDans la grande famille de menaces pour les marques sur Internet, se trouve le cybergriping, cousin éloigné du cybersquatting.  Cette méthode consiste à enregistrer un nom de domaine associant un terme péjoratif à une marque ou une personne célèbre dans le seul but de nuire à sa réputation ou son image. Le cas du suffixe -sucks est le plus courant et le plus connu, avec de nombreux exemples tels que les noms de domaine accorsucks.com, guinness-beer-sucks.com, vivendisucks.com, etc….

Dès 1998, les premiers sites de contestations sont apparus sur la toile, ceux-ci regroupant les usagers insatisfaits et mécontents de certains produits, services ou marques. Dans un premier temps, les sociétés ont engagé des faux rédacteurs afin d’apaiser les commentaires et modérer les contestations par de nouveaux posts positifs. Dans un second temps, les marques sont passées dans une phase plus incisive en créant leurs propres sites de plaintes, de façon à pouvoir gérer et maîtriser les messages négatifs. Cependant la réponse des « cybergripeurs » ne s’est pas fait attendre, ceux-ci se sont empressés d’enregistrer des noms de domaines de ce type : www.nom-société-reallysucks.com.

Les compagnies aériennes : des victimes récurrentes

Le cas le plus connu restant celui des clients mécontents de Delta Airlines qui se sont retrouvés sur le site www.deltareallysucks.com afin de poster plusieurs remarques et commentaires dénigrant les services de la compagnie aérienne. Aujourd’hui se site est toujours en ligne et propose encore plusieurs forums sur les services de la société Delta Airlines voire même des systèmes de votes en ligne sur différentes questions qualitatives (exemple : « comment qualifieriez-vous l’attitude des employés Delta Airlines avec vous, lors de votre dernier vol ? »).

Une justice malgré tout

Ces genres de sites sont donc à surveiller attentivement car ils représentent de véritables menaces pour l’image des marques. La vigilance reste donc la première solution à adopter mais les recours administratifs peuvent s’avérer bien plus efficaces. En effet, historiquement le nom de domaine airfrancesuck.com avait été déposé par une société basée en Floride. Le centre d’arbitrage et de médiation de l’OMPI avait immédiatement ordonné de transférer le nom de domaine à la société française considérant que le nom de domaine litigieux pouvait être confondu avec la marque et ainsi lui porter atteinte.

Jusqu’à présent, l’OMPI a généralement tranché en faveur des requérants, mais cela dépend bien entendu du dossier présenté. Le nom de domaine constitué d’une marque avec un terme négatif est considéré comme une confusion potentielle de la marque. Les procédures UDRP font que les experts recherchent un risque de confusion potentielle là où le dénigrement de marque est pourtant ostensible.

Sources :
protection-nom-domaine.com
domainesinfo.fr

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One Response to “Le cybergriping : une atteinte à la réputation et à l’image de marque”

  1. Synthesio dit :

    Emilie,
    Un très bon article qui montre un côté de la veille que l’on ne voit pas tous les jours : les sites qui sont créés dans l’intention de nuire à une marque. C’est le genre de site qui doit être surveillé avec attention mais aussi avec soin pour ne pas propager encore du bad buzz. Il est souvent nécessaire d’identifier qui est la personne qui parle mal de l’entreprise ; est-ce que c’est un influenceur ? Un détracteur ?
    En même temps, il est important que ces entreprises qui sont détractées sur des sites malicieux puissent faire des changements pour utiliser cette information pour améliorer la satisfaction du client. Les clients insatisfaits peuvent alors devenir des sources d’innovation. Selon son point de vue, le Web 2.0 peut être une source de danger ou une source d’opportunité.

    A la veille!
    Michelle
    @Synthesio

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